Reprenons notre récit là où nous l'avions laissé, c'est-à-dire à Almeria, grande ville du sud de l'Espagne, et où nous attendions le bon moment pour pouvoir traverser vers le Maroc. Et la météo (vent + mer agitée) n'étant pas très clémente, nous avons une fois encore attendu pas mal de temps... ça nous a laissé le temps de bien connaitre la ville... Rien de bien spectaculaire, mais au moins le chateau , l'Alcazaba, valait le coup. Belle forteresse mauresque avec bien sur un superbe jardin et de superbes fontaines. Le bruit de l'eau, si précieuse pour les arabes, est présent partout, ça donne toujours un certain charme à ce style de chateau.au second plan, l'Alcazaba
sous serres à perte de vue
Nous avons bien tenté une petite sortie malgré le vent, mais la mer étant bien agitée, nous nous sommes réfugiés dans le petit port d'Aguadulce, à quelques milles de là, bien moins cher qu'Alméria, et qui a le mérite d'avoir au moins une plage digne de ce nom, de quoi patienter dans les meilleures conditions... car avec des températures oscillant entre 26 et 29°, la baignade devenait indispensable !
Ces quelques jours passés ici nous ont encore permis de faire de belles rencontres, tout d'abord un couple danois dont la femme avait un métier assez rare parmi les marins puisqu'elle est pasteur... Eh oui, eux aussi ont droit à des vacances!!! Et puis surtout Jean-Christophe et Valéria, respectivement français et uruguayenne, qui malgré leurs propres soucis ont trouvé le temps de nous rendre bien des services. On leur souhaite bonne chance pour la suite.
Enfin, le vent se calme et on se décide donc en fin d'après-midi à traverser dans le sillage des ferries qui font le trajet Almeria / Melilla... Dommage qu'on ne puisse pas se faire tracter, ça irait beaucoup plus vite... Comme bien sûr lorsqu'il y a une période de forts vents en Méditerranée, c'est souvent suivi de calme plat, c'est donc au moteur que nous partons, et que nous faisons pratiquement la moitié du trajet... Vous dire que ce fut reposant serait évidemment mentir, car si la mer était effectivement très calme au niveau des vagues, à la tombée de la nuit nous avons été enveloppés pendant une petite heure par une épaisse brume... assez angoissant comme ambiance. Heureusement, ça n'a pas duré, car nous sommes ensuite arrivés dans les "rails" de passage des cargos qui traversent la méditerranée d'est en ouest ou inversement, et là, aïe! aïe !caramba! on se serait crus sur le périph' (bon, pas un samedi soir quand même!) ça venait de tous les côtés, et on a été obligés de dévier quelquefois légérement notre route. Et après les les bolides de "l'autoroute", alors que nous pensions enfin être tranquilles, nous avons en fait été cernés par les pêcheurs au large de l'Ile d'Alboran (en plein milieu de la Méditerranée). Le radar comptait parfois jusqu'à 10 bateaux autour de nous... Enfin, au petit jour, plus personne à l'horizon, par contre le vent était au rendez-vous, enfin toutes voiles dehors...
En guise de bienvenue, le vent forcit... Nous en avons voulu, nous en avons eu, et c'est avec force 6, des rafales à 40 noeuds et une mer bien agitée que nous arrivons dans le port de Melilla. Notre première escale africaine sera donc encore espagnole, puisque cette petite enclave résiste brillament à l'assaut des arabes depuis 1497... Pas trop de dépaysement donc à l'arrivée, mais nous préférons, quitte à être bloqués encore quelques temps par la météo rester dans un "vrai" port avec l'électricité et surtout les douches à quai (le port marocain de Nador tout proche n'est en fait qu'un port de pêche). Bien vu, puisque depuis le 2 juin, date de notre arrivée, c'est du vent d'ouest qui oscille entre force 4 et 7 tous les jours... pas facile pour continuer notre route justement vers l'ouest... Alors ça nous laisse encore une fois bien du temps pour découvrir la ville. Melilla est un mélange d'ancien , avec un vieux quartier fortifié, et de moderne, avec une architecture menée par Enrique Nieto, disciple de Gaudi. On a vite fait le tour, mais ce mélange d'architecture et aussi de cultures est assez intéressant (églises, mosquée, synagogue et temple hindou sont présents).
Une petite visite assez interessante qui n'est pas indiquée sur tous les guides mais qui vaut quand même le coup (et gratuite en plus), ce sont des grottes, ou plutôt des galeries, sur 3 niveaux, qui ont servi pendant des années de refuge lors des nombreux assauts de la ville au cours de l'histoire, situées sous un ancien couvent, et surtout avec un accès direct sur la mer et un escalier qui permet d'accéder au pied de la falaise, l'endroit est superbe.
Evidemment, comme ça nous démangeait de voir autre chose et que la frontière n'est qu'à 2km, c'est donc sans notre Yakayalé que nous avons débarqué au poste-frontière, munis de nos passeports. Petit passage obligé à la douane et aussi aux services sanitaires qui nous ont tiré le portrait avec une caméra infra-rouge qui soit disant réagit à la température, on ne sait jamais, des fois qu'on aurait ramené une grippe porcine de notre périple en terre espagnole... Enfin, nous voilà en terre marocaine, et là c'est un autre monde, ça grouille de partout, c'est bruyant, ça vit. Les batiments sont un peu laissés à l'abandon, ça y est, là, on est passés en Afrique. On prend le bus, qui pour quelques dirhams nous emmène jusqu'à la grande ville à quelques kilomètres de là... Nador... Pas de touristes, alors on ne passe pas inaperçus, surtout notre petit blondinet de Hugo qui lance des "Salam ali-koum" à qui veut l'entendre... On se promène le long de la corniche en bord de la Mar Chica, sorte de mer intérieure où curieusement aucun bateau ne navigue. Il parait que l'eau retenue par cette lagune est hyper polluée, mais un vaste programme de réhabilitation est en cours, et il se pourrait bien que d'ici quelques années le coin soit devenu hyper touristique... Enfin, on ne reste que quelques heures, le temps de déguster quelques petits plats locaux dans un boui-boui, de dégotter des djellabahs pour les trois hommes de l'équipage, de boire un thé à la menthe, évidemment... Bref, s'imprégner un peu de cette ambiance... Nous avons fait autant de rencontre de gens venus nous parler spontanément que sûrement en 2 mois de voyages... Souvent, ce sont des gens qui ont vécu où ont de la famille en France, mais on a pu constater en peu de temps que les français étaient bien appréciés ici, peut-être même plus que les espagnols...
1 commentaire:
Salut les navigateurs ! C'est Martine et Julio, ex-proprio de votre maison draveilloise !!! Isabelle nous avait prévenus de votre voyage alors voilà un petit coucou sous la pluie ! Super votre périple. J'ai (Martine) traversé aussi à Almeria il y a perpète mais en bateau passagers, jusqu'à Melilla. On allait vendre des Peugeot en Afrique avec un copain !!! Autre aventure ! J'adore votre reportage photos, on a l'impression d'être avec vous et on admire plein de merveilles ! Bonne continuation !
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